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BACKSTAGE Les dessous du jeu Quand les jeux musicaux mènent la danse : 1e partie
Quand les jeux musicaux mènent la danse : 1e partie
Écrit par Thomas PALPANT   
Mardi, 26 Juin 2007 12:19
 
 
notes
 
 
Grâce au blockbuster rock d'Activision, Guitar Hero, les jeux musicaux signent un retour fracassant dans les salons. Arrêtons-nous quelques instants sur ce genre si particulier, qui n'est pas né de la dernière pluie.
 
Les 5 acolytes, attablés à une terrasse de café, sirotent leur boisson dans la joie et la bonne humeur ; une petite pluie fine fait son apparition, les obligeant à un repli stratégique sous le store couleur mandarine. Puis vient la fatidique et collégiale interrogation : « et maintenant, on fait quoi ? ». Un des gamers du groupe, champion de PES à ses heures, propose alors une petite visite à la salle d’arcade du coin, l’une des dernières de la ville. Le groupe se met en marche, tandis que l’orage gronde. Dans cette modeste salle de jeux, quelques bornes multi-genres cohabitent encore ; s’y côtoient des noms prestigieux tels que King of Fighters,House of the dead, Mario Kart, ou Virtua Tennis. Les premières parties débutent sur ce dernier, dont la jouabilité, stick arcade oblige, déroute quelque peu. Puis vient le tour de Mario Kart Arcade Gp, et son volant à retour de force. “Comment j’envoie ma carapace verte?” S’écrie la seule gameuse du quintette. “Sur le volant“, lui répond le responsable de la salle, amusé que la jeune fille ait choisi la très zen cylindrée 50cc. Les jetons s’épuisent, mais les plus généreux mettent vite la main à la poche ; les jeux multi, ça a décidément du bon. Le groupe ne sait alors sur quel jeu porter son dévolu, lorsqu’un des joyeux drilles pointe du doigt une étrange borne, doublette d’écrans et de tapis fléchés, sur laquelle personne n’avait osé poser les pieds jusqu’à présent. « Un p’tit DDR ? Vous allez voir, c’est vraiment marrant », déclare Mister Q, le connaisseur. Aussitôt dit, aussitôt fait, deux courageux se présentent. Une fois le jeton introduit dans la borne, les enceintes du jeu laissent éclater le son DDR, mélopées un brin électro, et surtout, J-POP acidulée, diablement rythmée. Le principe, qui est de poser en rythme ses pieds sur les flèches indiquées par l’écran, et en respectant un timing précis, est vite assimilé. Le premier duo, conquis par le fun jubilatoire de DDR, se déhanche avec le sourire. Mais déjà, des oppositions de style apparaissent. Mister Q adopte des postures très sobres, presque mécaniques, économisant le moindre mouvement. Alors que le second, Mister D, grisé par le beat, enchaîne les sauts et soubresauts, agitant les bras en tout sens, tel un kangourou épileptique. Le fun est là, les 5 amis essaient chacun leur tour la borne Dance Dance Revolution, sans pouvoir décrocher. Les scores sont parfois faméliques – car DDR demande de l’entraînement, beaucoup d’entraînement, pour pouvoir briller en mode expert – et les performances un peu faiblardes, mais qu’importe, rythme et fun se mêlent au sein d’un cocktail des plus addictifs. Un peu épuisés, mais satisfaits, nos 5 compagnons achèveront finalement leur petit séjour arcade sur DDR.
 
 
 
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Dancing Stage Super Nova 1 (PS2)
 
 
 
Une question de AAA
 

Cette petite aventure fait finalement ressortir l’une des principales caractéristiques des jeux musicaux, qui consacrent la magie envoûtante de la musique comme l’élément déclencheur, le moteur de la « vibe ». Fil conducteur de la partie, le joueur doit l’intégrer, la sentir, faire corps avec elle, sans jamais se désynchroniser. Que ce soit sur Guitar Hero, Dance Dance Revolution (DDR), Taiko no tatsujin, ou tout autre soft du genre, le rythme et le timing posent le cadre, conditionnent la réussite, ou bien l’échec. Avec à chaque fois, pour les plus forcenés, cette volonté de se dépasser, d’aller tutoyer la perfection, et de dynamiter le score.


La marge de progression, sur ce genre de jeux où la technique s’affine au fil des parties, est énorme. Un joueur de rythm game confirmé se repère au 1er coup d’œil, et il est improbable qu’un débutant puisse espérer lui tenir la dragée haute. À l’instar de certains FPS online, les jeux musicaux ont leurs codes, leurs factions, leurs équipes. L’entraînement est de rigueur, pour progresser, acquérir des automatismes, ainsi qu’une dextérité suffisante pour gagner en vitesse et ne pas se laisser dépasser par les plus hauts niveaux de difficulté. Très éprouvantes sur le plan physique, certaines parties de DDR, Pop’n’music, Taiko no tatsujin, ou Para Para Paradise, nécessitent un état de forme digne d’un sportif de haut niveau. Pas d’improvisation possible, le jeu donne le « la ». Il indique, par un code couleur ou un symbole, la touche sur laquelle appuyer, ou le mouvement à réaliser ; et à quel moment. Une erreur sur un de ces deux paramètres, et c’est la partie parfaite qui s’envole. Les jeux musicaux sont ainsi, pour les plus perfectionnistes, un défilé de parties où l’obsession du score implique une concentration infinie, et un sang froid de démineur.

 

 

Et lorsque le rythme et le placement parfaits ne suffisent plus à épater les foules, le style et la chorégraphie entrent en scène. C’est la valeur ajoutée du joueur expérimenté, celle qui le singularisera par rapport à ses comparses. En simple ou en double, DDR offre ainsi la possibilité de véritables démonstrations de force, ou toutes les parties du corps sont sollicitées, y compris les mains. Sessions dos à l’écran, sauts d’une borne à l’autre, déguisements, mimiques et déhanchements célèbres à la Michael Jackson, toutes les extravagances sont possibles, et même conseillées, pour conquérir le public… Certains jeux musicaux s’offrent ainsi le luxe d’être à la fois agréables à jouer, et à regarder. Plus que jamais, les DDR en compétition sont un véritable spectacle.

 

 

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Guitar Hero 2 (PS2)
 
 
Pour tous les goûts
 

Les jeux musicaux surfent également sur les tendances. Leur pérennité est à ce prix. Alors qu’en 1997, la société BenamiBeatmania, simulateur de DJ, la musique électronique est en plein essor. Singstar et Karaoké Revolution Party se font l’écho du phénomène télévisuel des “télé-crochets” , à l’image de la Star Académie par exemple. Guitar Hero, un peu plus « occidentalisé » que Gitaroo-Man, et successeur console de Guitar Freaks, tombe quant à lui à point nommé, avec le retour en grâce du rock dans les années 2000. Benami a d’ailleurs tenté une adaptation ludique des instruments les plus populaires, avec le piano (Keyboard Mania), la guitare (Guitar Freaks), et la batterie (Drum Mania). Dans la même veine des jeux de percussion, très prisés au Japon, on retrouve Taiko no Tatsujin, simulateur de Taiko, tambour japonais traditionnel, Toy’s March pour les plus jeunes, Mambo A Go Go, et plus récemment, Donkey Konga, créé par Nintendo. Néanmoins, certains « ovnis » ludiques dépourvus d’accessoires parviennent à se faire un nom. Qui pourrait oublier la truculente Ulala dans Space Channel 5 sur Dreamcast, ou récemment les agents survoltés de Oendan sur DS ? De même, le très expérimental Rez, véritable expérience visuelle et musicale, encore sur Dreamcast, reste à ce jour une des alternatives les plus marquantes aux softs musicaux « classiques ». Un véritable délire psychédélique mixant shoot’em up et musique électronique, sur fonds de décors et de 3D déstructurés.

 

 

Les jeux musicaux possèdent aussi ce petit grain de folie typiquement japonais qui rend leur approche si particulière pour les occidentaux. Oendan, déjà très populaire en Europe, où il sera adapté sous le nom de Elite Beat Agents, en est l’une des dernières incarnations. De même, comment ne pas sourire devant les délires musico-minimalistes des créateurs de Wario WareRythm Tengoku, l’allure hawaïenne des Pinky Street, ou l’euphorie graphique de Gitaroo-Man ? Leur charme désuet est aussi l’une des forces des rythm games, qui plongent souvent le joueur dans un univers décalé, voire absurde ; une caractéristique que nombre de joueurs occidentaux apprécient beaucoup. Sur le plan de la réalisation, la plupart des jeux musicaux proposent des univers graphiques colorés, souvent kitsch et flashy, et des plus dépouillés ; délibérément relégués au second plan pour ne pas déconcentrer le joueur, Ils se mettent donc à son diapason, l’accompagnant pendant la joute musicale. Ainsi, DDR, Parapa Paradise, Bust A Groove, Samba de Amigo, Donkey Konga et bien d’autres mettent en scène un homologue virtuel, qui va bouger en rythme au gré de la partie, encourager ou toiser le joueur selon sa réussite, mais toujours dans l’optique de ne pas le laisser seul face à sa prestation. Dans Guitar Hero, le joueur est même intégré au sein d’un groupe, qui va gravir les échelons de la scène rock. Cette approche du jeu plus impliquante qu’à l’accoutumée permet un surcroît de plaisir et d’adrénaline.

 

 

Les rythm games ont de multiples déclinaisons, et des adaptations sur console multiples et variées. DDR reste à ce jour le soft offrant le plus de ramifications, avec 41 versions différentes (dont 15 en arcade) uniquement au pays du soleil levant. Mario a même eu droit à sa propre mouture (Dance Dance Revolution Mario Mix), de même que les personnages bucoliques de Disney (Dancing Stage Disney Mix). Les clones sont également légion, avec Stepmania, Dance with Intensity, Le Livre de la jungle Groove Party, Star Académy Party
Même si le phénomène a surtout touché le Japon, il s’est exporté dans le reste du monde, avec plus ou moins de succès. Si les DDR trônent durablement dans nos salles d’arcade, il n’y a que sur console que l’on puisse encore s’essayer aux autres gros succès de Benami, tels que Pop’n music, Beat Mania ou Para Para Paradise. Parfois, selon les jeux, les localisations induisent une adaptation des set-lists aux goûts Européens : si elles se sont avérées décevantes pour les DDR (rebaptisés Dancing Stage), celles de Eyetoy : Groove, et de Singstar (qui s’offre dernièrement des versions années 80, pop et rock), sont des plus cohérentes. Avec l’avènement du contenu téléchargeable, ces problèmes de localisation parfois hasardeuses ne se poseront bientôt plus. La version PS3 de Singstar laissera ainsi au joueur la possibilité de se constituer sa propre play-list, en téléchargeant des morceaux à partir d’un panel conséquent de 350 titres.

 

 

 

 

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Sing Star Pop Hits (PS2)

 

 

 

EA prend le relais de Konami ?

 

Et pour le futur ? Si de nombreux concepts ont déjà été exploités, ou bien refont régulièrement surface comme Beatmania, DDR et Taiko no tatsujin, certains supports comme la Wii se prêtent à de nouvelles voies de gameplay. Ainsi, Electronic Arts planche actuellement sur un rythm game hybride, Boogie, qui mélangera la danse à la manière d’un Bust A Groove, et le chant, par le biais du micro de la Wiimote. Le jeu laissera la part belle à la créativité, avec la possibilité de générer ses propres morceaux et chorégraphies, et de customiser personnages, effets sonores et angles de caméra. Nul doute qu’en cas de succès, ce nouveau concept devrait faire des émules.

 

Plus ambitieux encore, le projet Rock Band, toujours initié par EA en collaboration avec la chaîne musicale MTV, devrait permettre à 4 joueurs maximum d’interpréter ensemble différents morceaux sur la même console (Xbox 360, PS3, et probablement la Wii) ou bien en ligne. Le joueur aura la possibilité, moyennant l’achat de l’accessoire, de jouer de la guitare, basse, ou batterie, et bien sûr de prendre le micro. Développé par Harmonix Music Systems (tout comme Guitar Hero), Rock Band sera sans nul doute l’une des attractions de cette fin d’année.

 

Mise à jour le Samedi, 09 Février 2008 17:53