| Ubidays 2008: la conférence |
| Écrit par Thomas PALPANT |
| Jeudi, 29 Mai 2008 10:01 |
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Comme chaque année, Ubisoft organise en grande pompe une vitrine médiatique pour les principaux standards de son catalogue à venir. Bien que l'éditeur n'ait pas attendu ces Ubidays 2008 pour dévoiler la grande majorité des titres présentés, la conférence aura permis de faire la lumière sur un line-up solide, et diablement séduisant. Petit tour d'horizon.
Far Cry 2
"Le temps où l'on courait à travers de sombres corridors en blastant des démons avec des fusils à plasma arrive à sa fin". C'est sur ces mots que Clint Hocking, directeur créatif, a introduit la suite événement de Far Cry. Si ce FPS en terres africaines sera probablement une claque technique (et la démo jouable diffusée lors de la conférence était sans équivoque), avec un espace de jeu ouvert juste colossal, et un environnement dynamique (vent qui secoue les branchages, feu, ombres et lumières réalistes), il a bien d'autres ambitions. Clint Hocking évoque un jeu "organique", où absolument rien n'est scripté, de la faune sauvage aux PNG, amis ou ennemis. Le responsable confesse à ce titre que les relations entre les personnages seront primordiales. "Les mauvais films d'action parlent de tirer sur des gens. Les meilleurs films d'action sont à propos des gens", explique-t-il. Une des principales illustrations de ce principe est le moment où le personnage principal vient à "mourir" ; au lieu d'un simple reload près d'un checkpoint, le héros sera secouru par un de ses camarades qui l'amènera en lieu sûr pour le soigner. Selon M. Hocking, la durée de vie sera conséquente pour un FPS, de l'ordre de 25 heures minimum, avec des missions variées et ouvertes, et des vols à deltaplane grisants. Far Cry 2 semble avoir tous les atouts en main pour faire oublier l'excellent premier épisode, référence ayant influencé jusqu'à Crysis récemment. Puis, par le biais du vétéran de l'US Army, John Antal, l'éditeur est brièvement revenu sur l'autre FPS maison, Brothers in Arms: Hell's Highway, promettant une expérience de jeu "différente", immersive et spectaculaire, mais encore un peu floue à l'heure actuelle, compte tenu du peu d'éléments nouveaux dévoilés.
Ubisoft a ensuite enchaîné sur un autre titre poids lourd qui fait sa révolution, à savoir le nouvel épisode de Prince of Persia, franchise qui a contribué à propulser Ubisoft dans le cercle très fermé des éditeurs qui comptent. Et pour ce retour, la firme à choisi un virage à 180 degrés, un véritable "nouveau départ", comme le dit lui-même Ben Mates, producteur du jeu. Ce nouvel opus, développé par les studios de Montréal, n'a aucune connexion chronologique avec la trilogie ancienne génération, et l'innovation des sables du temps n'a pas été conservée. En lieu et place, Ubisoft a fait le pari de proposer une interaction poussée entre le protagoniste principal muni de son gantelet magique, qui n'aura pas le statut de prince au début de l'aventure, et une jeune héroïne, dirigée par la console, Elika. Ben Mates prévient d'emblée que la mystérieuse guerrière ne sera pas l'acolyte boulet typique, qui ralentit la progression, et gêne les combats. Elika sera active, prendra des initiatives, et aidera le héros dans toutes ses actions, et dans chaque aspect du jeu. Le trailer diffusé présentait à ce titre un combat des deux personnages contre un boss gargantuesque, mais cette cinématique pure n'aura pas permis de jauger cette orientation coopérative. Graphiquement, Prince of Persia est des plus prometteurs, avec un character design original très inspiré du style Yoji Shinkawa (Metal Gear Solid), et des textures cell shadées ultra précises à la Eternal Sonata. Si on attend de voir le duo en situation, Ubisoft semble avoir trouvé les ingrédients idéaux pour pleinement renouveler la licence.
Prince of Persia
Après une petite parenthèse casual, où la firme a tenu à rappeler l'importance de l'élargissement du public, et annoncé entre autres Easy Way to Stop Smoking (une manière facile de s'arrêter de fumer) sur Nintendo DS, développé à partir de la célèbre méthode Allen Carr, Ubisoft a embrayé sur une petite rétrospective de ses licences rattachées à l'univers Tom Clancy, lesquelles fêtent leurs dix ans. 50 millions de jeux ont ainsi été vendus pendant cette période, illustrant le coup de génie de l'éditeur d'avoir su efficacement tirer parti des intrigues contemporaines de l'écrivain américain. Que ce soit pour Splinter Cell, Rainbow Six, Ghost Recon, et plus récemment, Endwar et HAWX, les softs estampillés Tom Clancy pèsent de tout leur poids dans la croissance de la firme de Montreuil. Et c'est avec Endwar justement, développé per les studios de Shanghai, qu'Ubisoft compte prochainement créer l'événement. Julian Gerighty, producteur du jeu, affiche d'emblée le statut du blockbuster militaire. 200 développeurs, et dix nationalités différentes, ont collaboré pendant trois ans pour faire de ce jeu "une des batailles les plus épiques jamais vues dans un jeu vidéo". Dans la lignée d'un SOCOM, Tom Clancy's Endwar propose une jouabilité vocale au micro. M. Gerighty confie que tout ce qu'il est possible de faire dans le jeu (déplacement des troupes, des véhicules, actions diverses) peut l'être de vive voix. Le jeu comportera qui plus est un jeu en ligne "persistant", même si Ubisoft ne s'est pas étendu sur le sujet. Endwar ne sera bien sûr pas l'unique nouvelle mouture Tom Clancy, puisque si on pouvait déplorer l'absence remarquée de Splinter Cell Conviction, la compagnie a tout de même fait une petite démonstration de Tom Clancy's HAWX, d'Ubisoft Bucarest, le futur concurrent d'Ace Combat.
Dans un tout autre genre, le premier trailer de Shaun White Snowboarding, dévoilé le matin-même, a été diffusé. Développé à partir du moteur d'Assassin's Creed, cet héritier naturel des Amped de Microsoft se veut une plongée ultra réaliste dans les sommets enneigés. Ubisoft annonce des pistes complètement ouvertes, des tricks techniques, une jouabilité cohérente par rapport aux boards, aux capacités du rider, et au type de neige, une caméra dynamique, et un mode multijoueur béton. Petite surprise, que l'éditeur avait conservé sous le manteau, Shaun White Snowboarding sortira sur Xbox 360, PlayStation 3, PC, et... Wii (dans un style plus "cartoon", dirons-nous), avec une compatibilité Wii Balance Board. Lorsqu'on sait que Electronic Arts prépare dans le même temps une adaptation de Skate également compatible avec le plateau interactif, on se dit que Nintendo et les joueurs rentabiliseront vite l'astucieux accessoire. Et Ubisoft aime la Wii Balance Board, puisque comme prévu, celle-ci sera largement mise à contribution dans le prochain épisode des facétieux Lapins Crétins, intitulé en français Rayman Prod' présente : The Lapins Crétins Show. Plusieurs intervenants ont fait la démonstration de cette troisième itération, qui compte un délirant mini-jeu de glisse sur neige, où l'on joue assis sur le périphérique, mais aussi quelques bons jeux musicaux pour se déhancher dans les soirées. Plus que jamais, Ubisoft vise tous les publics, et de plus en plus de genres différents.
Beyond Good & Evil 2
C'est d'ailleurs ce qu'a tenu à rappeler Yves Guillemot, président de la société, pour la dernière partie de la conférence. Le potentiel du marché est encore colossal, selon le dirigeant, et notamment celui du casual gaming, qu'Ubisoft a été l'un des premiers à percevoir et exploiter. M. Guillemot a d'une part évoqué la prochaine super-production de James Cameron, Avatar, dont la firme de Montreuil assurera l'adaptation vidéoludique. La fameuse technologie du film, qui sera l'une des premières expériences grand public de 3D stéréoscopique, sera visiblement dévoilée en milieu d'année prochaine; on suppose par conséquent qu'il en sera de même avec le jeu, sur lequel on ne sait encore absolument rien. Yves Guillemot a ensuite introduit deux trailers, pour clore l'événement. Si le premier n'aura étonné personne (Soul Calibur IV, qui sera pour rappel édité par Ubisoft en Europe), le second aura été une surprise/confirmation plutôt heureuse, puisque la séquence mettait en scène Jade et Pay'j, les deux héros de la petite perle Beyond Good & Evil. Chapeautée par Michael Ancel, cette production de 2003 n'aura pas été un grand succès, mais son univers cohérent, sa pâte artistique, et sa qualité globale indéniable méritaient amplement une suite nouvelle génération. Du moins, une suite probable, au vue de la cinématique présentée, dans laquelle la journaliste et son acolyte porcin sont coincés au bord d'une route, sous un soleil de plomb, loin des étendues aquatiques de Hillys. À suivre, donc.
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Au final, si cette conférence était dépourvue, hormis en ce qui concerne le trailer final, d'annonces chocs susceptibles de faire tressaillir l'assistance, Ubisoft aura affiché en une heure et demi de solides prétentions pour consolider son développement à moyen terme, et aborder le deuxième semestre 2008 en pleine confiance. L'éditeur, en s'appuyant sur les licences phares de son catalogue (Prince of Persia, Far Cry, les titres Tom Clancy), qu'il sait habilement dépoussiérer pour en renouveler l'intérêt, continue de jalonner son parcours casual (Lapins Crétins, Petz, My Health Coach, Imagine, Easy Way to Stop Smoking...), et se permet même de nouvelles incursions dans des domaines où on ne l'avait encore jamais vu poser les pieds (Tom Clancy's Hawx, Shaun White Snowboarding). Et le futur s'annonce radieux, avec les très attendus nouveaux épisodes de Splinter Cell, Assassin's Creed, Beyond Good & Evil, et l'adaptation d'Avatar. Ubisoft semble désormais difficile à arrêter, et on ne s'en plaindra pas.
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| Mise à jour le Samedi, 31 Mai 2008 20:06 |
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