| No More Heroes : folie à apprivoiser |
| Écrit par Cécile GILBERT |
| Lundi, 18 Février 2008 18:25 |
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No More Heroes, déjà disponible au japon et aux États-Unis depuis, respectivement, le 6 décembre et le 22 janvier, paraîtra sur nos Wii françaises le 7 mars prochain. Le dernier opus signé Grasshopper Manufacture Inc, loin de perdre l’originalité qui fait l’image de la société, s’annonce comme un titre psychédélique, mais nettement plus accessible que ses prédécesseurs.
Aux manettes de ce jeu riche en promesses, on retrouve l’inimitable Gôichi Suda, aussi connu sous le pseudonyme de Suda 51, qui, après une expérience au sein du studio japonais Human Entertainment, a finalement créé en 1998 son propre studio, Grasshopper, qui a acquis une renommée internationale grâce au très controversé Killer 7 (2005).
Le nouveau titre de la firme de développement japonaise, édité par Rising Star Games Limited, fait déjà beaucoup parler de lui, et la rumeur le décrit d’ores et déjà comme un titre disposant d’un univers créatif unique, ouvert sur un public plus large.
Un doux mélange de folie et de maîtrise technologique.
Un univers créatif typique
Les différentes images et vidéos disponibles du titre, ainsi que les premières impressions des joueurs américains et japonais, concordent à présenter No More Heroes comme un titre emblématique, collant à l’image si particulière qu’a su se construire Grasshopper au fil des années. Les adeptes de ce style unique seront donc ravis de retrouver la patte de la firme de développement japonaise.
Une production signée Grasshopper, c’est d’abord un scénario décalé. Sur ce plan, nous serons gâtés. Le dernier-né de la firme met en effet en scène un anti-héros par excellence, répondant au doux nom de Travis, véritable otaku évoluant dans un univers non moins décalé à la recherche de subsides lui permettant de mener son artificielle existence. Le brun ténébreux en trouvera, en acceptant de nettoyer les rues de Santa Destroy pour le compte de la belle Sylvia Christel. Cependant, sa sécurité dans un tel emploi ne sera assurée qu’à l’unique condition qu’il soit le plus dangereux prédateur de cette ville. C’est à cette tâche ardue que le joueur devra donc s’atteler.
Dans ce contexte original, évoluent des personnages à la hauteur du cynisme ambiant. Hautes en couleur, ces personnalités particulièrement bien travaillées manient le verbe avec une dextérité insoupçonnée. Les répliques seront cultes, jusque dans les insultes, c’est promis. Les combats ne seront apparemment pas en reste, Grasshopper promettant une mise en scène parfaite articulée autour de boss charismatiques et décalés, offrant mises à mort spectaculaires et coups spéciaux aussi aléatoires que jouissifs. C’est à coup sûr un Travis plein de surprise que nous a concocté Gôichi Suda.
Affrontements jouissifs au programme
L’univers de No More Heroes s’inscrit dans la filiation parfaite des titres précédemment produits par Grasshopper. Les graphismes sont étranges, loin d’être déplaisants, leur conception unique préfigure la bizarrerie du titre. Un avant-goût donc, qui sonne comme un avertissement. No More Heroes ne laissera pas indifférent. Les concepteurs de Killer 7 sont aux commandes, et entendent bien le faire savoir. S'ils consentent à laisser au joueur un peu plus de liberté, en lui permettant de faire évoluer son héros sans contrainte apparente, à pied ou à moto, celui-ci devra avant tout se soumettre aux règles existantes pour profiter pleinement de ce titre. Les rues, quasiment désertes, ne lui offrent en effet aucune possibilité de profiter de cette illusion de liberté. Ses actions restent encadrées et l’illusion d’autonomie ne perdurent pas. Ainsi, il semblerait que Grasshopper ait été jusqu’à signaler les seules interactions autorisées par un logo 8 bits. Ce choix n’est pas forcément à déplorer, dans la mesure où il colle à l’esprit particulier du jeu.
Un destrier à la hauteur de son propriétaire
Une ombre se profilerait cependant sur ce tableau créatif. Ainsi, nous étions informés dès le mois de décembre que la censure française frapperait ce titre subversif. Les Japonais n’ont également pas été épargnés, mais les joueurs américains ont pu quant à eux bénéficier d’une version non censurée distribuée par Ubisoft. Les conséquences de cette mainmise du politiquement correct sur No More Heroes ne seraient pas du plus bel effet. La violence, pourtant théoriquement omniprésente eu égard au thème développé, serait édulcorée d’une étrange manière, et malgré des affrontements spectaculaires, les ennemis apparaîtraient sans une égratignure au milieu d’une pièce maculée d’hémoglobine. En dépit de ces limitations forcées, l’éditeur Rising Star Games assure que « c'est un jeu fantastique à jouer, et c'est tout ce qui importe ».
En effet, on ne pourra pas contester le charme étrange qui émane des images du jeu et de son scénario surprenant. En plus de ces avant-goûts prometteurs, le titre de Grasshopper montre une volonté affichée de s’ouvrir à un public plus large que celui séduit par ses précédents opus.
Un titre plus ouvert que ses prédécesseurs
Si Killer 7 avait connu un succès incontestable, on ne peut nier que ce jeu était également très controversé. No More Heroes, sans pour autant refuser le lien de parenté, s’en démarque légèrement, et utilise remarquablement, bonus supplémentaire, les nouvelles opportunités technologiques offertes par la Wii.
L’un des principales reproches fait à Killer 7 était le manque d’implication des développeurs dans la conception du gameplay. Celui-ci était littéralement passé au second plan, et tous les efforts avaient été concentrés sur l’univers délirant du titre. Dans No More Heroes, un effort sensible semble avoir été apporté de ce côté là, en dépit de rares petits bugs, bien que, comme évoqué précédemment, l’originalité n’ait pas eue à en souffrir. Les situations seront exclusivement vécues à la troisième personne, et le héros disposera d’une liberté relative de déplacement. De plus, le nouveau titre de Grasshopper intègre particulièrement bien la technologie proposée par la Wii, ce qui n’est pas le cas de tous les jeux sortis sur la dernière console de Nintendo, il faut bien le dire. Ici, la Wiimote sera employée à bon escient, et son manque de précision occasionnel ne portera pas préjudice aux joueurs.
Ainsi, le bouton Z sera utilisé pour verrouiller un objectif ou se protéger, alors que le bouton A permettra de donner des coups de sabre aux ennemis. La position de la Wiimote déterminera, quant à elle, la hauteur des assauts. Ainsi subtilement utilisées, les capacités de la Wii ne risquent pas, une fois n’est pas coutume, de décevoir. Quant à savoir si No More Heroes a été inspiré par les possibilités offertes par la Wii, il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives si l’on en croit nos confrères de Gamekult à qui Suda a déclaré sans ambiguïté possible que « le concept existait déjà avant. En fait, je pensais en faire un jeu pour Xbox 360. Mais rien n'était encore signé à l'époque. Et finalement, on a décidé de développer le jeu sur Wii ».
Sylvia, un personnage emblématique ...
Les personnages, déjà très emblématiques du temps de Killer 7, semblent avoir atteint une dimension encore supérieure dans No More Heroes. C’est en effet à partir du caractère du héros que s’est élaboré le jeu tout entier. Plus qu’un détail agréable, le soin qui a été mis dans l’élaboration du personnage principal est donc la véritable base du titre, comme le confirme son concepteur, qui a su mixer avec talent personnalités cultes de notre siècle et références cinématographiques : « c’est l'idée de créer Travis qui est venue en premier. J'étais très inspiré par Johnny Knoxville de Jackass, et je me demandais ce que ça pourrait donner si je lui donnais un côté otaku et en m'inspirant aussi du champion UFC, Josh Barnett. Il y a également un peu de David Bowie dedans. Ce n'est qu'après avoir travaillé sur le héros que je me suis penché sur l'histoire et le game design. Mais partir du héros était une bonne chose. Je voulais aussi qu'il soit un peu comme un Jedi de Star Wars. Et qu'il ait le même style que Brad Pitt dans Fight Club ! L'histoire, elle vient plutôt du film d'Alejandro Jodorowsky, El Topo. »
... Et une jolie source d'inspiration!
No More Heroes apparaît comme un jeu à la fois original et parfaitement inséré dans le monde contemporain, mixant avec dextérité références inédites, humour, et univers délicieusement décalé. De belles promesses, dont les joueurs de l’hexagone pourront vérifier la véracité dans quelques semaines.
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| Mise à jour le Vendredi, 29 Février 2008 18:13 |