| Dark Sector : attention virus |
| Écrit par Antoine EMOND |
| Mercredi, 02 Avril 2008 23:10 |
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La rédaction a récemment pu mettre la main sur l’un des titres les plus polémiques du studio canadien Digital Extremes, premier jeu annoncé sur consoles de nouvelle génération, et ce dès le 2 avril 2004 ! Accusant un sérieux retard, certainement du fait d’une phase de production chaotique – le titre ayant été pressenti durant quelques mois pour être un MMO -, le jeu d’action édité en France par Koch Media a-t-il toutes ses chances sur un créneau encombré ? Pour tenter de répondre à cette épineuse question, il est bien évidemment nécessaire de se pencher sur les fondamentaux du genre, tels que la réalisation, l’atmosphère, ou encore la maniabilité, en tentant de mettre en exergue les éléments différenciants du soft. Le jeu met en scène Hayden Tenno, un agent spécialisé dans des missions d’intervention de haute voltige à la solde de l’Agence, une organisation obscure, a priori proche de milieux gouvernementaux américains, qui opère sur des théâtres variés afin d’étouffer des scandales, faire disparaître des témoins clés de malversations ou à d’autres sombres desseins, le tout en respectant scrupuleusement des crédos indispensables à son fonctionnement : la discrétion et la loyauté. Notre homme dispose d’un statut particulier dans l’organigramme de l’Agence : dédié tout à la cause de ses basses œuvres, il est l’acteur des situations désespérées, notamment de celles qui ont vu la mort ou la disparition d’un autre sbire de l’organisation. Il faut dire qu’avec sa capacité de résistance et sa maîtrise des armes et des technologies inouïes, ce brun ténébreux taciturne n’est pas du genre à plier l’échine devant la difficulté. Et du courage, justement, il en faudra à notre héros pour sa nouvelle mission. Suite à la disparition de l’un de ses membres phares en Europe de l’Est, l’Agence décide d’expédier Hayden, « Le Nettoyeur » de son petit nom d’artiste, afin qu’il poursuive l’enquête entamée par son ami Mezner. Ce dernier tentait de remonter à la souche d’une mystérieuse épidémie, provoquée par un virus nommé technocyte qui semble transformer les riverains touchés en créatures monstrueuses, assoiffées de sang et de violence à son état la plus brute. Pour l’aider dans sa quête de vérité, et peut être de manière plus pragmatique pour tenter de maîtriser ledit virus afin de l’exploiter dans d’autres situations ultérieurement, Hayden sera aidé par un ex agent du KGB, fin connaisseur des lieux, qui lui fournira informations, armes et munitions. Alors que sa mission semble toucher à sa fin, une étrange créature inocule le virus à Hayden qui, malgré l’utilisation d’un antidote, voit son bras droit subir une effrayante mutation, devenant mi-organique, mi-métallique, et provoquant la naissance en son extrémité du Glaive, véritable boomerang de métal aux propriétés meurtrières. Hélas, l’antidote n’est pas d’une efficacité remarquable, si bien que le virus ne cesse de se développer et d’altérer les perceptions de Hayden, lequel ne dispose donc que d’un laps de temps très limité pour accomplir consciencieusement sa mission avant de devenir, à son tour, un monstre. Le décor, inquiétant, est posé. Et inutile de préciser que Dark Sector profite à plein de son atmosphère sombre et des ressorts parfois glauques de son gameplay, et ce d’autant plus que la caméra dynamique portée à l’épaule du personnage, à la façon d’un Gears of War, dessert parfaitement les phases d’action trépidantes du jeu. La panoplie des mouvements disponibles est large, allant de la simple course jusqu’aux coups de grâce imparables tant en combat rapproché (briser la colonne vertébrale, éviscérer, etc.) qu’à distance (trancher des membres, décapiter), notamment grâce à une utilisation judicieuse du Glaive. Évidemment, Hayden n’est pas le pantin de son environnement, et est en mesure comme dans tous les canons modernes du genre de se cacher derrière des murs ou des caisses pour ouvrir le feu à couvert, de sauter par dessus des obstacles ou encore d’effectuer des roulades afin de se replacer. Il pourra aussi plus tard dans l’aventure prendre le contrôle d’une machine de guerre perfectionnée connue sous le nom de Jackal, dont nous avons pu assister à une petite démonstration mais à laquelle nous ne nous sommes pas personnellement frottés par manque de temps. Le dynamisme de la réalisation est à n’en pas douter appuyé par une jouabilité qui tente le plus souvent, grâce à quelques idées intéressantes, de rompre la potentielle monotonie afin de ne pas laisser une seconde de répit au joueur. Exemple astucieux, mais peut être lassant sur le long terme, s’il est bien possible pour Hayden de manipuler des dizaines de modèles d’armes à feu, pouvant d’ailleurs être améliorés grâce à l’appui de son sombre contact local dont nous avons parlé précédemment, notre homme pourra aussi s’emparer des armes laissées à l’abandon par des mercenaires qu’il aura au préalable abattus… mais il faut savoir que, passé une vingtaine de secondes, les armes ainsi acquises - protégées par une signature digitale - lui exploseront en mains, ce qui cause quelques dommages mais oblige surtout à jongler d’arme en arme au fil de la partie. En évoquant les dommages, nous n’avons pas oublié de relever une autre particularité de ce titre : il ne présente pas d’indicateur visuel de santé (qui est seulement suggérée par la teinte que prend l’écran lorsque Hayden est trop touché), et les indications à l’écran sont très discrètes. Ambiance cinématographique garantie, même si l’idée n’est assurément pas nouvelle (on pensera par exemple à The Getaway). Enfin, peut-on parler de ce jeu sans parler plus en détail du Glaive, son originalité première ? Croisement improbable entre un boomerang, une scie circulaire et l’arme magique de Krull (film d’heroic fantasy sorti dans les salles obscures dans les années 80), le Glaive est une arme blanche particulièrement jouissive, qui permet de trancher des membres à distance comme de transpercer le ventre de ses ennemis. Dynamisme oblige, cette arme est évolutive et permet entre autres réjouissances de canaliser un élément de l’environnement, comme de l’électricité, afin de se sortir de situations ardues : grand nombre d’ennemis, portes fermées magnétiquement… Il est d’ailleurs à remarquer que, passé un certain niveau et dans certaines conditions exclusivement, le Glaive peut être « piloté ». Et ici apparaît la seule différence entre la version PS3, qui utilise la technologie de détection dans l’espace de sa manette, et la version Xbox 360 qui a recours au bon vieux stick analogique droit. De notre point de vue, l’utilisation de ce dernier semblait d’ailleurs plus facile à appréhender. Les ennemis, nombreux, disposeront de facultés et de réactions qui leur seront propres. L’éventail des décors devrait lui aussi varié même si, globalement, l’ensemble semblait devoir rester très sombre et peut être finalement trop homogène sur les quatre niveaux (sur les dix que comporte le jeu) auxquels nous avons pu longuement nous essayer, les phases d’intérieur et d’extérieur semblant n’offrir que très peu de différences en terme de gameplay. La réalisation, sans transcender celle des étalons du genre, est globalement à la hauteur de ce que l’on peut attendre des consoles de nouvelle génération, à plusieurs encablures de productions, encore fort nombreuses hélas, qui ne sont que des portages rapides de titres sortis sur consoles 128 bits. L’environnement sonore est d’ailleurs de qualité, appuyé, petite anecdote, par la voix de Michael Rosenbaum (Luthor) en ce qui concerne la version anglaise. Enfin, il nous a été désespérément impossible de nous essayer au multijoueur en ligne du titre de Digital Extremes, qui s’annonce sur le papier prometteur avec son mode Infection, véritable chasse à l’homme jouable à dix en simultané. D’autant plus dommage que ce mode multijoueur viendra sans doute à pic pour combler l’un des deux défauts les plus importants de ce titre : sa durée de vie en solo. Si les responsables de Koch Media présents évoquaient douze heures de jeu, nous avons plus tendance à parier sur la moitié, les trois premiers niveaux s’avalant en moins de quarante minutes (la difficulté montant toutefois très nettement dès le quatrième niveau). Le second défaut, peut être lié aux versions non finales sur lesquelles nous avons mis la main, semblait résider dans une légère imprécision de la visée… Rien de dramatique toutefois. ---------- Le titre de Koch Media semble disposer de nombreux atouts, et c’est avec une certaine impatience que nous attendons de mettre la main sur la version finale du jeu, disponible le 11 avril dans les linéaires sur Xbox 360 et PlayStation 3. |
| Mise à jour le Mercredi, 02 Avril 2008 23:34 |